Une éventuelle non-indexation des allocations familiales en 2027 inquiète la Ligue des familles. Selon ses calculs, ajoutée à plusieurs hausses de coûts déjà décidées, la facture pourrait dépasser 1 000 euros pour certains ménages.
Une nouvelle économie pourrait-elle toucher les familles wallonnes en 2027 ? Alors que les négociations budgétaires se poursuivent, une non-indexation des allocations familiales serait envisagée. Une possibilité contre laquelle la Ligue des familles monte au créneau.
L’association estime qu’un saut d’index représenterait 112 euros de moins sur l’année pour une famille avec deux enfants de 7 et 10 ans, par rapport à une situation où les allocations seraient indexées. Pour une famille comptant trois adolescents, la différence atteindrait 231 euros.
« Un saut d’index, en pratique, c’est diminuer le niveau des allocations familiales par rapport au coût de la vie », estime Madeleine Guyot, directrice générale de la Ligue des familles.
À ce stade, la mesure n’est toutefois pas décidée. Les montants avancés correspondent donc à des simulations réalisées par l’association dans l’hypothèse où les allocations ne seraient pas indexées en 2027.
Une facture qui pourrait dépasser 1 000 euros
Pour la Ligue des familles, cette éventuelle mesure ne peut cependant pas être regardée isolément. L’association additionne son impact à plusieurs changements affectant déjà le budget des parents : hausse du coût de certaines garderies scolaires, nouveaux droits d’inscription dans les académies, hausse du minerval pour une partie des étudiants ou encore fin de la gratuité des repas chauds dans certaines écoles.
Selon ses simulations, une famille de classe moyenne avec deux enfants de 7 et 10 ans pourrait ainsi arriver à 1 070 euros de pertes ou de dépenses supplémentaires en 2027. Mais ce montant correspond à un scénario précis : il comprend les 112 euros liés à l’éventuelle non-indexation, 768 euros de hausse des frais de garderie dans une situation présentée comme fréquente par la Ligue des familles et 190 euros si les enfants suivent des cours en académie.
Pour une autre famille-type, composée de trois enfants de 20, 17 et 13 ans, l’association arrive à 1 075 euros : 231 euros liés à l’hypothétique saut d’index et 844 euros de hausse du minerval pour un enfant en haute école.
Ces montants ne constituent donc pas une estimation valable pour chaque foyer wallon. Ils varient selon la composition de la famille, la situation scolaire des enfants et les dépenses auxquelles elle est effectivement confrontée.
Des allocations que la Ligue veut préserver
Pour l’association, une non-indexation viendrait ainsi s’ajouter à une série de dépenses supplémentaires déjà supportées par certains parents. Elle appelle donc le gouvernement wallon à préserver l’indexation des allocations familiales, qu’elle considère comme un soutien important pour l’ensemble des ménages avec enfants.
« Pour les familles les plus précarisées, quelques dizaines d’euros, ça fait toute la différence pour remplir le frigo », souligne Madeleine Guyot. Elle estime que les familles de la classe moyenne sont elles aussi concernées, notamment parce qu’elles ne bénéficient pas nécessairement des aides réservées aux revenus les plus faibles.
La non-indexation des allocations familiales reste pour l’heure une piste évoquée dans le cadre des négociations budgétaires. Son éventuelle application et ses modalités doivent donc encore être confirmées.