« On n'est jamais à 100% prêt », mais cette semaine, Maxime Lefèvre se jettera dans le grand bain du Championnat de France et sur le banc du Paris basketball, lui le natif de Meurthe-et-Moselle qui n'avait connu auparavant que la NBA.
Ces dernières années, le club de la capitale a pris l'habitude de voir ses entraîneurs se distinguer avant de partir Outre-Atlantique. Comme Tuomas Iisalo (2023-2024) du côté de Memphis, ou Tiago Splitter, qui après une année historique et un titre de champion, avait rejoint Portland en 2025.
Maxime Lefèvre, 39 ans, a fait le chemin inverse en quittant le Minnesota de Rudy Gobert et Anthony Edwards, la NBA et un poste d'entraîneur adjoint, pour la France, l'Euroligue, et une place d'entraîneur principal.
« Depuis combien de temps je me sens prêt à ce rôle ? Depuis quelques années. Après on n'est jamais prêt à 100%, il y a toujours quelque chose auquel tu ne t'attends pas », disait-il à l'AFP en juillet, à quelques semaines de remporter son premier titre avec les Parisiens en Supercoupe.
« Plus homogène » en Europe
S'il apprend les rudiments du métier d'entraîneur aux États-Unis, Maxime Lefèvre débute le basket vers 11 ans à Longwy, progresse « assez vite » aidé par sa grande taille. Il évolue en catégories jeunes du côté de Joeuf, en Meurthe-et-Moselle, puis à Chalon.
« Après, j'avais du mal à allier études et basket, se remémore-t-il. Et l'idée de partir aux Etats-Unis est venue de là. Cela n'a jamais été un objectif de rester aussi longtemps. Mais je ne pense pas toujours à la prochaine étape. »
Chez les Timberwolves, Maxime Lefèvre multiplie les rôles, notamment celui de coordinateur vidéo, avant de devenir entraîneur adjoint de Chris Finch.
Il y reste sept ans, à forger sa vision de la NBA. Mais même s'il la découvre depuis le banc cette saison, l'Euroligue ne lui est pas inconnue.
« La NBA est un peu une ligue de joueurs. (...) Les meilleurs sont tellement forts qu'en gros, tu peux leur donner la balle et ils créent eux-mêmes des avantages. En Europe, il y a des joueurs très forts mais c'est un peu plus homogène, il faut trouver des solutions en tant que coach. (...) Cela demande un tout petit plus de recherche, de détails sur certains aspects, offensivement. Et l'intensité est exceptionnelle. »
Déjà une patte ?
Selon le meneur Nadir Hifi, « ça peut-être du bonus d'avoir vu les deux cultures » et « c'est important d'avoir un coach qui me fasse confiance. Il me challenge beaucoup, c'est ce dont j'ai besoin. »
Maxime Lefèvre sait que le Paris basketball sera attendu sur la scène nationale, favori après l'exclusion de Monaco. Mais l'objectif sera aussi de retrouver les play-offs d'Euroligue, que les hommes de la capitale ont atteints il y a deux ans sous les ordres de Tiago Splitter.
Le président David Kahn n'hésite d'ailleurs pas à faire le parallèle entre les deux techniciens, « curieux, intelligents, ils savent comment s'y prendre avec les joueurs. »
Samedi dernier, après la victoire contre Nanterre en demi-finale de Supercoupe, l'entraîneur adverse Julien Mahé avait lui-même loué « la patte » du coach.
« Il y a cette idée d'ADN, mais on voit qu'il veut apporter de nouvelles choses, il y a des situations de jeu qu'on n'avait pas vues avant, une marque de fabrique qui est en train de se construire. »
Maxime Lefèvre souhaite lui continuer à jouer « dans les mêmes lignes »: « c'est agressif, ça va vite. C'est sûrement le futur du basket. » Avec l'espoir de s'inscrire aussi dans le futur de Paris.
lve-nk/bdx © Agence France-Presse