Dans quelques jours, cinq lycéens de Vauban s’envoleront pour la Corée du Sud avec une mission : défendre les couleurs du Luxembourg au FIRST Global Challenge face à des jeunes venus de plus de 190 pays. Mais avant le départ, leur robot est encore loin de pouvoir se reposer.
Dans quelques jours, leur robot devra être démonté, soigneusement rangé dans les bagages en soute et emmené jusqu’en Corée du Sud. Mais avant de penser à le remonter à Incheon, Cléa, Esteban, Alix, Côme et Léonore ont encore du travail.
Du 7 au 10 octobre, ces cinq lycéens de Vauban représenteront le Luxembourg au FIRST Global Challenge, l’une des plus grandes compétitions internationales de robotique pour adolescents, souvent surnommée les « JO de la robotique ». Plus de 2 000 jeunes issus de plus de 190 pays sont attendus.
Pour les cinq élèves du lycée, l’aventure a commencé bien avant le départ. Tous fréquentent le makerspace MS20 de Vauban et ont été sélectionnés à l’issue du Luxembourg Youth Robotics Challenge. Alix, Cléa et Esteban faisaient partie de l’équipe vice-championne nationale. Léonore et Côme, remarqués par le jury avec une autre équipe du makerspace, les ont ensuite rejoints.
Un robot face aux feux de forêt
Pas question, à Incheon, de simplement faire avancer un robot d’un bout à l’autre d’un terrain. Le défi 2026, baptisé « Igniting Innovation », s’inspire d’une problématique bien réelle de nos jours : les feux de forêt.
« Le défi transforme le terrain de jeu en zone de crise écologique fictive », explique Jérôme Metzler, professeur de Physique-Chimie à Vauban et responsable du makerspace MS20. Les robots devront scanner et identifier les zones à risque, stopper la propagation d’un incendie virtuel ou encore protéger des infrastructures. Et surtout, ils devront coopérer : plusieurs robots seront amenés à unir leurs forces pour réussir leur mission et engranger un maximum de points.
À Vauban, la construction de la machine est elle aussi devenue une affaire collective. Les rôles se sont dessinés au fil du projet et des compétences de chacun. Une partie de l’équipe s’occupe du montage et de la mécanique, du châssis aux moteurs en passant par les capteurs, le ramasseur ou le lanceur. Une autre se concentre sur le code informatique, tandis que les élèves doivent également gérer la communication et rechercher des financements.
Sur ce dernier point, Jérôme Metzler tient d’ailleurs à souligner leur implication : « Cette année, l’équipe a dû se mobiliser très activement pour rassembler une grosse partie des fonds. Un travail exceptionnel réalisé par les élèves eux-mêmes ! Un grand merci à nos sponsors ! »

Encore du travail avant de boucler les valises
À quelques jours de l’échéance, le robot prend forme, mais la pression monte. « L’état d’esprit est nerveux car le robot prend une excellente tournure mais de nombreux défis techniques restent encore à relever à une semaine de l’échéance. Tous les principes de base sont actifs et fonctionnels mais doivent encore être améliorés », confie Jérôme Metzler, qui accompagnera les cinq jeunes en Corée du Sud.
Une course contre la montre qui doit aussi composer avec une réalité beaucoup plus quotidienne : les cinq adolescents restent avant tout des lycéens. « La scolarité des élèves se poursuit pour autant et leur travail scolaire ne peut être relâché », rappelle leur professeur.
Et une fois le robot terminé, encore faudra-t-il réussir à l’emmener jusqu’en Corée. Impossible de simplement le placer tel quel dans l’avion : il voyagera démonté afin de pouvoir entrer dans les bagages en soute, avant d’être réassemblé sur place.
Le top 50 mondial dans un coin de la tête
Une fois à Incheon, les cinq élèves ne comptent pas seulement profiter de l’expérience. « L’équipe espère pouvoir finir dans les 50 premiers mondiaux mais la concurrence est rude », reconnaît Jérôme Metzler. Dans certains pays, explique-t-il, les participants doivent franchir plusieurs étapes de sélection, du niveau local au national, avant de décrocher leur billet pour la finale mondiale.
Cette édition aura d’ailleurs une saveur particulière pour Vauban. Des élèves de l’établissement avaient déjà participé aux finales de Genève en 2022 et de Singapour en 2023. Mais cette année, pour la première fois, les cinq membres de l’équipe représentant le Luxembourg sont tous issus du lycée Vauban.
Au-delà des défis techniques de la compétition, Jérôme Metzler insiste également sur ce que cette expérience peut apporter aux élèves. Ils seront confrontés aux pannes, à l’urgence, au stress, mais aussi à la nécessité de communiquer et de coopérer avec d’autres équipes. « Ils vont devoir transcender la barrière linguistique pour mener des négociations stratégiques complexes avec des pays du monde entier », souligne-t-il. Une compétition dans laquelle il faudra parfois aussi aider ceux que l’on affronte. Pour le professeur, la gestion du stress, du calendrier et des ressources transforme ainsi les élèves en véritables « gestionnaires de projet ».
Une philosophie qu’il résume finalement avec une phrase d’Einstein : « Je n’ai pas de talents particuliers, je suis juste passionnément curieux. » Et Jérôme Metzler d’ajouter : « Voilà la clé de la réussite des élèves et des makerspaces luxembourgeois en général ! »