Les écrans occupent une place importante dans le quotidien des jeunes. Mais faut-il seulement chercher à réduire leur utilisation ? Dans un dossier consacré à ce sujet, Santé publique France invite à regarder au-delà du nombre d'heures passées devant les écrans.
Difficile aujourd'hui d'imaginer le quotidien des enfants et des adolescents sans écrans. Pour discuter avec leurs amis, se divertir, apprendre ou simplement tromper l'ennui, les outils numériques répondent à des besoins très différents. Une présence qui soulève néanmoins de nombreuses questions sur leurs effets sur la santé.
Dans son dossier « Grandir avec les écrans », publié dans la revue La Santé en action, Santé publique France rassemble plusieurs travaux scientifiques et témoignages pour mieux comprendre ces usages. Et le constat est plus nuancé qu'il n'y paraît : les écrans peuvent présenter des risques, mais aussi contribuer aux apprentissages, à la créativité et à la socialisation.
Sommeil, attention et santé mentale : des risques à prendre au sérieux
L'utilisation des écrans peut notamment empiéter sur des activités essentielles au développement des jeunes, comme le sommeil, l'activité physique ou les loisirs. Certains contenus et certaines pratiques numériques exposent également les enfants au cyberharcèlement, à la désinformation ou à des situations susceptibles de nuire à leur bien-être.
Les conséquences sur la santé mentale font l'objet d'une attention particulière. Le dossier souligne toutefois que les liens de cause à effet ne sont pas toujours clairement établis. Autrement dit, il ne suffit pas de constater qu'un adolescent passe beaucoup de temps sur son téléphone pour en déduire que celui-ci est responsable de ses difficultés.
La nature des contenus consultés, les raisons de leur utilisation et l'environnement dans lequel évolue le jeune sont autant de facteurs à prendre en compte.
Des adolescents plus lucides qu'on ne le pense
Les jeunes eux-mêmes portent un regard critique sur leur rapport aux écrans. Une analyse de quinze études qualitatives, présentée dans le dossier, montre que les enfants et adolescents interrogés reconnaissent aussi bien les avantages que les inconvénients du numérique.
Les réseaux sociaux peuvent leur permettre de maintenir des amitiés et de gagner en confiance, tout en générant de l'anxiété ou une pression à rester constamment disponibles. Certains jeunes soulignent également une contradiction : on leur demande de limiter les écrans alors que les adultes qui les entourent les utilisent eux-mêmes très régulièrement.
Accompagner plutôt qu'interdire systématiquement
Face à ces enjeux, Santé publique France met en avant différentes initiatives de prévention et d'éducation au numérique. L'objectif est d'aider les jeunes à développer leur esprit critique, à reconnaître les situations problématiques et à mieux maîtriser leurs habitudes.
Le dossier rappelle aussi que cette responsabilité ne repose pas uniquement sur les familles. L'école, les professionnels de santé, les pouvoirs publics et les plateformes numériques ont également un rôle à jouer.
Au fond, la question n'est donc pas seulement de savoir combien de temps les enfants passent devant un écran, mais aussi ce qu'ils y font, pourquoi ils l'utilisent et quelle place le numérique occupe dans leur quotidien.