Arthur Clesse avait envie de se lancer un défi : rejoindre la tour Eiffel à pied depuis l’Atomium. En préparant cette marche d’environ 360 kilomètres, le jeune homme de 27 ans, originaire de Messancy, a décidé d’en faire aussi profiter une association. Depuis son départ de Bruxelles, le 18 octobre, il récolte des dons pour l’ASBL Point d’Eau, qui accueille des adultes en situation de handicap.
Nous l’avons joint au début de sa troisième journée de marche. Avec 17 kilos sur le dos, Arthur découvre un défi plus éprouvant qu’il ne l’imaginait. Mais les encouragements et les rencontres lui donnent chaque jour de nouvelles raisons d’avancer.
Développeur web de formation, Arthur s’est lancé dans la création de contenu après avoir effectué un tour d’Europe en camping-car avec sa compagne. Aujourd’hui collaborateur chez Decathlon, il partage aussi son goût pour le sport sur les réseaux sociaux. Pour cette nouvelle aventure, il a choisi deux monuments qui parlent à tous : l’Atomium comme point de départ, la tour Eiffel comme horizon.

Comment votre défi personnel est-il devenu un projet solidaire ?
Au départ, je voulais faire cette marche pour me lancer un défi personnel et créer du contenu. Puis je me suis dit : pourquoi ne pas relier cela à quelque chose de plus concret, qui ait davantage de sens ? Mes parents avaient des contacts à l'ASBL Point d’Eau. Je me suis renseigné sur l’association et j’ai trouvé que la cause était belle. Le directeur a tout de suite été enthousiaste. Nous avons créé une cagnotte directement pour eux. Comme c’est mon premier gros projet de ce type, je ne savais pas quel engouement il susciterait. Vu la façon dont les choses avancent, c’est déjà une grosse réussite.
Après deux jours sur la route, qu’est-ce qui est le plus difficile ?
Je ne me suis pas assez préparé. Je suis sportif, je cours et je fais de la natation, mais je n’ai pas fait de marches en amont. Mon côté têtu me disait que ça irait ! Dès le premier jour, j’ai compris que ce serait plus dur que prévu. Le plus compliqué, c’est surtout de porter mes 17 kilos de matériel toute la journée. Les genoux et les épaules le sentent. J’avais prévu des étapes de 45 à 50 kilomètres, mais j’ai rapidement cherché à raccourcir l’itinéraire. Déjà, 45 kilomètres, c’est très dur.
Et ce matin, comment vous sentez-vous ?
Là, ça va. Après une bonne nuit, le physique et le mental se remettent un peu à zéro. J’essaie donc d’avancer davantage le matin. Mais si vous m’aviez posé la même question hier à 19h30, la réponse aurait été différente !
Vous marchez seul. Qu’est-ce qui vous aide à continuer ?
Je reçois énormément de messages de soutien sur mes vidéos et mes publications. Voir que des gens suivent le projet donne encore moins envie de lâcher. Je suis aussi en direct deux fois par jour sur Twitch, donc les personnes m’encouragent en live pendant que je marche. Ma compagne m’aide beaucoup, aussi bien dans la logistique que quand je lui parle au téléphone, surtout le soir, quand ça devient compliqué. Et puis il y a la cause pour laquelle je marche. Cela donne beaucoup plus de sens au projet.
Y a-t-il déjà une rencontre qui vous a particulièrement marqué ?
Celle d’Étienne, Karina et Oscar, qui m’ont accueilli le premier soir. J’avais trouvé leur jardin grâce à une application qui permet de planter sa tente chez des particuliers. Finalement, ils m’ont proposé une chambre, un repas et une douche. C’était la première fois que j’allais dormir chez des inconnus comme cela, et c’était une très belle expérience. Le petit Oscar m’a même fabriqué un bracelet porte-bonheur pour le reste de mon chemin. Sur la route aussi, les gens viennent me parler. Beaucoup pensent que je pars à Saint-Jacques-de-Compostelle ! Pour le moment, ce sont les rencontres humaines qui m’ont le plus touché.
La mobilisation vous surprend-elle ?
Oui, je suis agréablement surpris. J’ai une petite communauté, avec environ 500 abonnés sur Instagram, et nous sommes déjà à 1 100 euros récoltés [NDLR : au matin du 20 octobre]. Les gens soutiennent vraiment le projet. À mon échelle, je trouve cela assez fou.
Au-delà des kilomètres, qu’aimeriez-vous avoir accompli à l’arrivée ?
Avoir aidé l’association Point d’Eau, même un peu. Et si je peux motiver deux ou trois personnes à lancer elles aussi des projets caritatifs, ce serait très bien. Cette marche, je l’aurais faite dans tous les cas. Pouvoir la relier à une cause lui donne une autre dimension. Je pense que beaucoup de projets peuvent aider des associations.

La tour Eiffel en ligne de mire
Arthur espère arriver à Paris le 25 octobre, où ses parents et sa compagne doivent le retrouver. D’ici là, il poursuit sa route en adaptant ses étapes à la réalité du terrain. Après la marche, il souhaite également rendre visite au Point d’Eau pour rencontrer les résidents et les équipes auxquels cette collecte est destinée.
Pour suivre ses prochaines étapes et soutenir l’association, rendez-vous sur son compte Instagram @xarthurcls, où il partage son aventure, et sur Twitch pour le suivre en live.
Une cagnotte en ligne permet de soutenir sa démarche, avec des dons directement destinés à l’ASBL Point d’Eau.