Tu connais le coup de foudre ? Celui qui te tombe dessus sans prévenir, où Cupidon vise en plein dans le mille, avec les papillons dans le ventre et tout le package qui va avec ? Eh bien moi, non.
Et cette histoire va encore moins m’aider à comprendre le concept. Pourtant, avec toutes les comédies romantiques que j’ai regardées dans ma vie, je devrais être incollable sur le sujet !
Tout commence lors d’une soirée entre copines dans une boîte de nuit au Luxembourg. On est déjà bien guillerettes, notre Bob carbure aux boissons énergisantes et nous, on est parties pour tenir toute la night. Une soirée comme je les aime... enfin, comme je les aimais. J’ai passé l’âge maintenant ! On danse, on rigole, on essaie vaguement de discuter malgré la musique qui nous détruit les tympans et, après avoir foulé le podium pendant un bon moment, je décide d’aller m’asseoir au bar pour récupérer quelques forces de vie.
Et là, je croise le sourire du barman. Wow. Le genre de sourire qui pourrait facilement en faire tourner plus d’une.
On commence à discuter et il m’explique qu’il est seulement là pour dépanner ce soir-là. Habituellement, il travaille dans un bar « secret », le genre d’endroit où il faut connaître l’adresse et donner un mot de passe pour entrer. Évidemment, ça m’intrigue.
Mes copines finissent par venir me récupérer parce que visiblement, je traîne un peu trop longtemps au bar. On échange nos numéros et je repars avec elles.
Le lendemain, je reçois déjà un message. Bon point, il ne fait pas partie de ceux qui attendent trois jours pour faire semblant de ne pas être intéressés. Il me propose de le rejoindre à son fameux bar à la fin de son service, puis d’aller au cinéma.
Me voilà donc avec mon petit mot de passe, assez fière de moi quand j’arrive à trouver l’endroit et surtout à y entrer. Et franchement, le lieu est canon. Ambiance un peu Peaky Blinders, tamisée, secrète... Je suis hyper étonnée de découvrir ça dans le coin. Le barman est là, toujours aussi beau sourire, dans sa tenue de service. Je m’installe près de lui.
Et là... La débandade. Il n’y a rien qui va. Aucun point commun, aucune alchimie, la conversation est plate et monsieur commence déjà à me parler ses ex. Je ne sais pas pour toi, mais personnellement, au premier rendez-vous, c’est un red flag ! Je n’ai pas besoin de ton CV amoureux complet. Plus il parle, plus je me ferme comme une huître. Mais je ne me suis pas préparée et déplacée jusque-là pour rien. Et surtout, il y a un film que je veux absolument voir : Les Indestructibles 2.
Oui, je suis une femme-enfant. Et oui, cette histoire date de 2018. Ça ne me rajeunit pas.
Nous voilà donc partis au cinéma avec une conversation toujours aussi passionnante. Heureusement, je me dis qu’une fois devant le film, on ne sera plus obligés de parler. Sauf qu’évidemment, Les Indestructibles 2 n’est plus diffusé le soir. Apparemment, les enfants ne vont pas au cinéma à 22h. Qui l’aurait cru ?
Il me propose d’aller boire un verre à la place mais, ayant déjà eu un aperçu assez complet de son panel de conversation, je préfère encore chercher un autre film. Il reste « A Star Is Born » J’en ai vaguement entendu parler, je m’imagine un truc un peu gnangnan, mais bon... ça fera l’affaire. On s’installe dans la salle, les bandes-annonces commencent et lui continue à me parler. Encore. À ce stade, je suis vraiment dans cette situation où tu te demandes intérieurement : « Mais pourquoi je suis là ? »
Puis le film commence. Alléluia. Il se tait.
Petit spoiler si tu ne l’as toujours pas vu, mais disons simplement qu’une scène du film m’a prise complètement de court émotionnellement. Et quand je dis émotionnellement... Je m’effondre. Pas la petite larme élégante qui coule doucement sur la joue. Non : Je chiale, je sanglote. Le mascara coule, je n’arrive plus à respirer normalement et, plus j’essaie de me reprendre, pire c’est. Bref, le glamour absolu.
Lui, qui devait probablement me trouver assez froide depuis le début de la soirée, me regarde avec des yeux de merlan frit. Le film se termine et je suis toujours en train d’essayer de retrouver un minimum de dignité. On regarde quasiment tout le générique tellement je suis incapable de bouger sans recommencer à pleurer.
Quand je finis enfin par me calmer, je lui explique pourquoi cette scène m’a autant touchée. Et là, monsieur me regarde très sérieusement et m’explique qu’il comprend enfin que j’ai un cœur. Jusque-là, bon ok. Puis il enchaîne.
Selon lui, si j’ai réussi à « me laisser aller comme ça avec lui », c’est parce qu’on ressent la même chose l’un pour l’autre. Et que ça lui confirme ce qu’il pensait déjà : on a eu un coup de foudre.
Pardon ? Je viens de pleurer pendant vingt minutes devant Bradley Cooper et, visiblement, nous sommes maintenant amoureux.
Je te jure qu’à cet instant-là, j’ai prié tous les dieux disponibles de me venir en aide. Gênée, j’étais.
J’ai fini par lui expliquer que j’allais rentrer parce que j’avais du mascara jusqu’au menton, plus aucune énergie émotionnelle et surtout... qu’il valait mieux qu’il sache que ce serait probablement la dernière fois qu’on se verrait. Parce que contrairement à ce qu’il venait de comprendre, mes larmes n’étaient absolument pas une déclaration d’amour.
Le coup de foudre, visiblement, n’avait frappé que d’un côté. Et moi, j’avais simplement regardé un très bon film.
Aïe...
Écrit par Samantha