Pour marquer la rentrée parlementaire ce mardi 13 octobre, les collectifs Votum Klima et KlimaKollektiv (KliKo) ont installé un bûcher symbolique devant la Chambre des députés, à Luxembourg-Ville. Une manière d'interpeller les élus sur l'urgence climatique après un été marqué par des chaleurs extrêmes et des incendies.
Ce mardi, les députés luxembourgeois ont été accueillis par une mobilisation inhabituelle devant le Parlement. À l'initiative de Votum Klima et du KlimaKollektiv (KliKo), un « bûcher des promesses non tenues » a été dressé à l'occasion de la reprise des travaux parlementaires. L'installation était notamment composée de bois brûlé lors d'un incendie survenu en juillet dans la région du Mullerthal.

À travers cette action, les deux collectifs souhaitent rappeler que les conséquences du changement climatique se font déjà sentir au Luxembourg et demander aux élus de placer cette question parmi leurs priorités.
Cette mobilisation intervient après un été 2026 particulièrement éprouvant. Le Luxembourg a connu son été le plus chaud jamais enregistré, tandis que les vagues de chaleur ont entraîné une surmortalité, notamment chez les personnes âgées. À l'échelle européenne, plus de 540 000 hectares sont partis en fumée, et les incendies des Hautes Fagnes ont même envoyé leurs fumées jusqu'au Grand-Duché et en France.
Ailleurs dans le monde, les catastrophes se sont également multipliées, notamment au Népal, frappé par des inondations meurtrières, et en Indonésie, touchée par d'importants incendies. Autant d'événements que les deux collectifs mettent en avant pour appeler les responsables politiques à agir.
Deux grandes revendications adressées au gouvernement
Les organisateurs réclament d'abord une accélération de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ils demandent notamment de diminuer la dépendance aux énergies fossiles, de développer les énergies renouvelables, d'améliorer la rénovation énergétique des bâtiments et de renforcer les transports publics.
Leur second objectif concerne l'adaptation du Luxembourg aux conséquences du réchauffement. Parmi les mesures défendues figurent une meilleure protection des personnes vulnérables pendant les canicules, l'adaptation des hôpitaux et des maisons de soins aux fortes chaleurs, ainsi que la prévention des incendies et la végétalisation des villes.
« La crise climatique n'est plus une projection lointaine : nous l'avons ressentie dans la chaleur de nos logements, dans nos champs desséchés, et jusque dans l'air que nous respirions », a déclaré Gauthier Hansel, chargé de campagne chez Greenpeace Luxembourg.

« Il ne manque que la volonté politique »
Les associations estiment que les solutions existent déjà, mais que leur mise en œuvre reste insuffisante.
« La situation est grave, mais la bonne nouvelle est que les solutions sont documentées et connues depuis longtemps, aussi bien en matière d'atténuation que d'adaptation », a souligné Claudine Felten, directrice de natur&ëmwelt. « Il ne manque que la volonté politique pour les mettre en œuvre. Ces mesures ambitieuses dont nous avons urgemment besoin seront bénéfiques pour toutes et tous, ici comme dans le Sud global. Les députés ont aujourd'hui l'occasion de faire de cette rentrée celle du sursaut. Car chaque promesse non tenue alimente encore un peu plus le brasier. »
En choisissant la rentrée parlementaire pour mener cette action, Votum Klima et KliKo entendent maintenir la pression sur les responsables politiques au-delà des épisodes de chaleur estivaux.