De Luxembourg-Ville à Arlon en passant par Thionville, Villerupt ou Audun-le-Tiche, l’Observatoire de l’Habitat compare les loyers proposés en 2025 dans l’ensemble de la zone transfrontalière. Et les écarts restent considérables.
À seulement quelques kilomètres de distance, le budget nécessaire pour louer un appartement peut changer radicalement. Une nouvelle étude de l’Observatoire de l’Habitat s’est penchée sur plus de 20 000 annonces immobilières publiées en 2025 au Luxembourg et dans les territoires frontaliers français, belges et allemands.
Premier constat : le passage de la frontière reste particulièrement visible sur les prix. Au Luxembourg, le loyer médian annoncé atteint 33,3 euros par m², contre 12 euros dans le Nord Lorrain et 10 euros en Wallonie. Dans les territoires étudiés de Rhénanie-Palatinat et de Sarre, il s’établit également à 10 euros.
Mais ces moyennes cachent d’importantes différences locales.
Arlon, Thionville, Metz : des loyers au-dessus des moyennes régionales
Côté belge, Arlon se distingue nettement. Le loyer médian annoncé y atteint 12 euros par m², contre 10 euros à Bastogne et 9 euros à Libramont-Chevigny. À Athus, directement située à proximité de la frontière luxembourgeoise, il atteint également 12 euros.
Les appartements proposés y sont toutefois relativement spacieux : la surface médiane atteint 80 m² à Arlon, 87 m² à Bastogne, 89 m² à Libramont-Chevigny et 90 m² à Athus.
La situation est différente côté français. À Thionville, le loyer médian atteint 16 euros par m², devant Metz et ses 15 euros. Les surfaces médianes sont respectivement de 60 et 45 m². Mais c’est en se rapprochant encore davantage de la frontière que l’étude devient particulièrement intéressante.
Aux portes du Luxembourg, les prix français grimpent
À Audun-le-Tiche, le loyer médian annoncé atteint 20 euros par m², soit davantage qu’à Thionville ou Metz. Il monte à 19 euros à Cattenom, 18,50 euros à Entrange et 17 euros à Volmerange-les-Mines. Villerupt et Hettange-Grande se situent à 16 euros, tandis que Longwy affiche une médiane de 15 euros par m².
Autrement dit, traverser la frontière permet toujours de trouver des loyers nettement inférieurs à ceux pratiqués au Luxembourg, mais s’installer juste derrière celle-ci ne garantit pas forcément les prix les plus bas du territoire français.
Les chercheurs observent d’ailleurs que les loyers diminuent globalement à mesure que l’on s’éloigne de Luxembourg-Ville. Ils relèvent toutefois des remontées autour de certains pôles urbains, notamment Metz, mais aussi Bastogne en Belgique.
Luxembourg-Ville reste dans une autre catégorie
La comparaison avec la capitale reste spectaculaire. À Luxembourg-Ville, le loyer médian annoncé atteint 39,1 euros par m², pour un appartement d’une surface médiane de 50 m². À Esch-sur-Alzette, il s’établit à 32,2 euros pour une surface médiane de 42 m².
À l’échelle nationale, les appartements luxembourgeois proposés à la location affichent une surface médiane de seulement 56 m², contre 89 m² en Wallonie et 59 m² dans le Nord Lorrain. Plus de 40 % des appartements proposés au Luxembourg font même moins de 50 m².
L’influence du marché de l’emploi luxembourgeois apparaît jusque dans la manière de présenter les logements. Dans le Nord Lorrain, 9 % des annonces étudiées mentionnent explicitement la proximité du Luxembourg, de ses pôles d’emploi ou des transports permettant de s’y rendre. Certaines présentent même directement leur logement comme adapté aux travailleurs frontaliers.